Menotte

De libriste à consommateur de Linux, et puis Android (billet d'humeur)

Lorsque je suis arrivé sur Linux ce n’est pas par conviction libriste, mais par pur pragmatisme. Sous Windows, j’en avais assez de passer des heures de mises à jour, de régler des problèmes de virus et autres joyeusetés. Sur ce point, je suis libéré.

Crédit Image Framasoft - https://framablog.org/2013/06/28/geektionnerd-gendarmerie-libriste/ (n"oubliez pas de faire un don)

Attention cet article est un concentré d’idées sans queue ni tête. Juste une réflexion du moment. À un moment stratégique où il faudrait que l’humanité prenne des décisions radicales sur sa façon de faire. Je m’interroge sur mes pratiques. Ce n’est pas mon bout de jardins sur mon balcon qui sauvera l’humanité.

Reprenons le cours de cet article. Ce n’est qu’après ce passage à Linux (en 2005) que j’ai compris l’intérêt de pouvoir contrôler sa machine. Comment ça, on peut installer autre chose que Windows ? Ce n’est pas concevable pour Microsoft que l’on se fasse damer le pion. Vite, il faut reprendre la main. Le verrou est arrivé sous la forme de BIOS-UEFI. Le grand public retiendra qu’il s’agit de sécuriser le BIOS vieillissant (enfin les gens qui savent que le BIOS existe, encore faut-il s’intéresser à son PC). Pendant, un moment, c’était le bordel pour installer Linux (ça l’est toujours mais moins). Lors du changement de mon PC, j’en étais arrivé à prendre une clef USB et aller tester en magasin voir si je pouvais installer mon Linux. Vous savez quoi, il a tout de même fallu que je casse le Windows pré-installé pour mettre mon Linux sur mon VAIO. Nous sommes en 2011. Depuis, je suis toujours sur ce PC. J’ai quelques difficultés pour lire des vidéos en 4K (bon ce n’est pas possible). Tous les 6 mois, je monte la version de ma Ubuntu et tous les X temps, je passe un bon moment à mettre à jour le Windows, sans toutefois l’utiliser (on ne sait jamais).
En 2012, j’ai essayé à peu près toutes les grosses versions possibles de Linux, ça va de la Mandriva à Ubuntu en passant par RedHat, Suse etc... J’ai testé 5 ou 6 bureaux. Mon préféré était XFCE. Finalement, par grosse flemme, je laisse les options par défaut d’Ubuntu (donc GNOME 3).
Aujourd’hui, je me suis aperçu que j’étais juste devenu un consommateur de Linux. C’est mon OS préféré sur mon PC. Pour rien au monde, je ne le changerais. Il fonctionne très bien, j’ai les logiciels qui me sont nécessaires (navigateur Web, VLC, lecteur PDF, suite office, logiciel de montage, traitement d’image, de son, correcteur d’orthographe etc...).
Suis-je libre ? En fait, oui et non. Je ne compile pas mon noyau aux petits oignons. J’ai une confiance aveugle en mes logiciels. Certes, je pourrais les compiler, lire le code etc... mais je ne le fais pas.

Je suis passé en mode consommateur. Si mon logiciel disparaît et qu’il n’y a pas d’équivalent, ça sera dommage. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il y a Android et que je suis devenu riche (enfin, je peux payer certaines choses dans la limite de ma radinerie).
Ce qui sauve encore mon PC, c’est mon blog. Je ne l’aurais pas, je n’aurais plus réellement besoin de lui ! Les tablettes de la maison seraient largement suffisantes. Il a 8 ans et je n’envisage pas de le changer (tout juste un coup de neuf avec un disque SSD). Le coup de grâce pour les PC vient peut-être de Stadia de Google. Le dernier bastion des PC semble être le jeu. On verra s’il réussit leur pari. À l’avenir le PC risque de rejoindre le minitel au rang d’antiquité. (Je grossis le trait).
La réflexion est là. Maintenant que je suis devenu consommateur. Qui va continuer à mettre des sous dans un système qui semble voué à disparaître ? Car que l’on veuille ou non, ça coûte cher de développer un système d’exploitation. On espérait que tout le monde saurait un jour développer. La réalité est tout autre. Où sont les développeurs passionnés. Avec l’âge, peut-être me suis trop éloigné de ce monde là ?

Avec Android, depuis qu’il y a de sérieux logiciels de montage vidéo. Je ne sens plus le besoin d’allumer mon PC. Je ne l’allume que pour le traitement des images et corriger les fautes d’orthographe des articles avec Antidote. On peut quasi tout faire sous Android.

La liberté est quelque chose de cher et d’impalpable sauf lorsqu’elle est restreinte. De plus en plus cher, il est vraiment difficile de faire ce que l’on veut dans ce bas monde. Encore aujourd’hui, je lisais que des pieds de cépage particulier avaient été interdits sans réelle raison (ah oui, il était résistant à tout un tas de maladies, donc pas besoin de traitement coûteux).
Les industriels veulent tout contrôler y compris la façon de faire et de penser. Ils soufflent des lois plus connes les unes que les autres à nos politiciens.
Ces lois sont souvent à leur seul bénéfice en faisant passer cela pour l’intérêt général. On agite le chiffon de la peur.
La voiture électrique n’est pas prête !!! Mais bien sûr qu’elle ne l’ait pas. Au lieu de penser autrement, on s’est évertué à réduire les émissions nocives des moteurs à explosion (et là ça nous pète à la gueule) en pure perte, quitte à tricher. Bref, c’est un autre sujet.

Les gens s’en moquent de leur liberté. Il ne voit pas le problème de ne pas maîtriser leur donnée avec le sempiternel, je n’ai rien à cacher. Ils accueillent même des éléments qui écoutent leur intérieur sans broncher. Je pense à ces boitiers qui vont allumer leur lumière, démarrer leur TV etc (Alexa, Google, echo etc …). Après on pourra toujours me dire, ton smartphone t’écoute aussi (OK Google ?).

Bref, j’ai glissé du monde ardu du développement et libriste convertisseur, au monde paisible du consommateur. (Salut les cons de consommateur, y compris moi).

Pour moi, la priorité absolue est d’« écologiser » tout ce qui peut l'être. Ce n’est pas avec Linux que l’on y arrivera, mais cela fait aussi partie de l’équation. Car avec linux on peut faire durer les PC.

---- Ceci n'est pas un poisson d'Avril, car ceux qui me connaissent savent que je n'ai aucun humour ---