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magasins disparaissent

Je relaye ici une nouvelle fois le message de Cédric Billard (la première fois, c'était sur Tweeter). J'apporte mon témoignage pour illustrer le phénomène. Je suis arrivé définitivement à Paris en 1999. Lorsque j'allais du côté de Pigalle (la Rue à Paris), c'était pour aller chez l'un des nombreux marchants d'instrument de musiques. Dernièrement, j'y suis retourné pour aller à l'un de mes magasins préférés La Baguetterie.

Dans cet article, je vais donc parler essentiellement de magasins de musique.

 Ces dernières semaines, lors de ma visite à la Baguetterie, je n'ai pas acheté grand-chose. J'étais venu chercher une paire de baguettes de batterie. Après avoir demandé conseil au vendeur, il me semblait normal que j'achète ce que j'étais venu chercher ici, et pas ailleurs, même si cela m'a traversé l'esprit (on ne se refait pas). J'ai en plus demandé un sac plastique presque uniquement pour avoir leur joli logo (et aussi parce que j'avais oublié mon sac ré-utilisable). J'y suis aussi allé aussi, sûrement, pour pouvoir dire j'y suis allé. La Baguetterie, c'est un peu une institution pour les batteurs, beaucoup de stars y sont passés. Il y a un grand choix de batteries, cymbales, baguettes de tout poil... en démonstration.

Ce qui m'a marqué en sortant du métro et descend la rue, c'est la transformation du quartier.Les boutiques ferment, ont fermé. Les vendeurs sont un peu moroses. Ce n'est pas l'affluence d'avant. Il est vrai que depuis les attentats, les clients se font rares dans les rues. Il n'y a que se balader dans Paris pour se rendre compte du phénomène. Je me demande combien de temps va encore tenir, La Baguetterie et les magasins autours?

Le phénomène des boutiques de quartiers, de village qui ferment ne date pas d'hier. Lorsque je n'avais pas encore 3 ans, mes parents tenaient une boutique à Campuac (Aveyron). Lorsque la grande surface s'est montée dans un village pas trop loin, les clients se sont fait rares. Mes parents n'ont pas su/voulu s'adapter (ça c'est ma version). Résultat, ils ont vendu la boutique, sinon c'était la mort, bouffé par la grande distribution. La boutique existe toujours :D. Certaines autres n'ont pas eu cette chance et ont disparu. Le lien social disparaît un peu en même temps que les boutiques.

Vous allez me dire entre une épicerie et un marchand de batterie, il y a tout un monde. Je vais vous donner un autre exemple. Dans les années 90 et début 2000, lorsqu'on avait besoin d'une carte mère, un PC ou autre, on allait rue Montgallet. Un jour le Surcouf a fermé. Internet est monté en puissance, peut-être un peu trop pour les boutiques. J'ai bien l'impression que quelques boutiques sont également tombés avec cette fermeture. 

On pourrait donc appeler ça, la sélection naturelle. Soit tu t'adaptes, soit tu disparais. L'adaptation passe probablement par internet, mais cela ne sera peut-être pas suffisant. Internet, c'est un peu comme une très très longue rue. Tu regardes les premières boutiques, et lorsque tu es fatigué, tu fais demi-tour pour faire ton achat. Les boutiques qui ont peu de visibilités sont plus ou moins condamnées.

De mon point de vu, il y a essentiellement une chose qui tue les boutiques de musique. On entre en boutique comme dans un Showroom, pour voir, ensuite on achète sur internet pour le prix. C'est donc le prix, et uniquement le prix qui dicte sa loi. Le contact avec le vendeur qui vous donne des conseils ? J'ai bien l'impression que c'est devenu secondaire. Peut-être que ça reviendra, comme les boutiques en centre ville. Pourtant essayer une guitare, un piano me semble primordial. D'ailleurs les magasins encore debout sont cela, ceux qui sont spécialisés. Les généralistes semblent se faire bouffer tout cru. Après comme j'ai pu le lire dans un commentaire, si le vendeur est pas sympa et te répond d'un air aigri t'as pas franchement envie de lui faire plaisir.

Je peux comprendre qu'un jeune écoute son porte-monnaie avant la survie d'un magasin. En revanche, j'ai plus de mal avec les personnes établies, y compris moi-même. Cette pratique tue les commerçants. On ne peut pas blâmer tellement internet, il faut faire avec son temps. Il faut juste être honnête avec le commerçant, si j'entre dans la boutique, c'est aussi pour faire tourner son commerce, parfois je trouve ce que je cherche, parfois non.

La deuxième chose qui tuent les boutiques, c'est les marges. Comment des boutiques peuvent-elles survivent lorsque les marges sont quasi nulles. D'après Cédric, "Est-il normal de trouver en ligne des instruments de votre propre marque vendus TTC chez tel ou tel cyber-marchand, allemand notamment, moins cher que le prix HT proposé au commerçant". La réponse est évidente. 

Enfin, je me pose une autre question. Est-ce que le musicien français ne serait pas en voie de disparition ?

L'agonie de certains magasins physiques semblent donc bel et bien programmé. La stratégie des gros fournisseurs/fabriquant semble bien simple. Une fois, le circuit de vente complètement maîtrisé, il n'y aura plus qu'à monter les prix. Et nous, consommateur, nous seront les victimes de notre laisser aller actuel. Donc j'appelle à la responsabilité dans la mesure de ses moyens, privilégions l'humain.

Pour le sac "La Baguetterie", je le garde précieusement, il me sert maintenant pour stocker mes câbles sons.


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